Devant les pressions…
Arnaud et Véronique attendent leur deuxième enfant.
A douze semaines, ils apprennent que leur petit garçon est
atteint du syndrome de « Prune Belly ».
L’échographiste leur propose alors une IMG (1) très
rapidement.
Véronique : Perdus, et dans l’incapacité
totale de réfléchir, nous rencontrons le gynécologue
qui me suit. Il nous dit que, pour le bien de la famille, de Flora,
notre petite fille, nous devons interrompre la grossesse, le plus
vite possible, qu’il nous aidera dans cette épreuve. Et
puis, presque par hasard, comme si ce n’était pas la
chose la plus importante, il dit que ces enfants ont une espérance
maximum de vie de deux ans. Pour moi, c’est une lueur
d’espoir : deux ans, c’est déjà
beaucoup, c’est le double de l’âge de Flora !
Mais nous buvons les paroles des médecins en qui nous avons
totalement confiance, comme hypnotisés par le chagrin. Je n’ai
pas la force de réfléchir. M’a-t-on parlé
de choix ? A peine.
Je subis alors une amniocentèse au cours de laquelle je
rencontre un échographiste qui nous parle objectivement,
médicalement, et répond à nos questions. C’est
lui heureusement qui sera l’interprète de l’état
du bébé tout le long de la grossesse.
Tout s’enchaînait
Arnaud : La pression reste forte : le corps médical
expose les faits et tient un discours axé sur l’avortement
thérapeutique. La famille émet ses opinions, les pro et
les anti vont de leurs conseils. Nous avons rencontré un Père
dominicain dont le discours portait sur le choix de la mère…
Cela m’a fortement agacé. La pression vient aussi de
nous qui sommes faibles devant le choix.
Pendant trois jours, Véronique et moi, nous nous sommes
retirés afin de laisser de côté toutes ces
pressions. Nous n’étions pas d’accord sur le choix
à faire, alternativement nous avions une décision
opposée.
Ne sachant alors rien de cette maladie, ni de l’évolution
de notre enfant, nous avons décidé de ne pas précipiter
les choses, donc de le garder, et d’avancer avec la foi et
l’espérance. Nous avons alors adressé une lettre
à nos familles et amis afin d’exprimer notre décision
et éviter des explications compliquées et inutiles.
V : Je me rends compte que nous étions trop
fragiles et très influençables. Jamais les médecins
ne nous ont dit que nous avions le temps. Tout s’enchaînait,
rendez-vous, examens…, sans que nous puissions maîtriser
quoi que ce soit. Certainement Dieu était avec nous pour nous
faire entendre ce qui nous a rendu notre lucidité.
Il s’appellera Matthieu
Nous avons alors décidé d’appeler notre fils
Matthieu, lui avons choisi un super parrain et une marraine géniale
et nous avons repris la restauration de son berceau
La fin de la grossesse s’est passée presque normalement
avec toutefois de terribles angoisses lors des examens
échographiques. A chaque fois le pronostic était plus
optimiste.
A. : La naissance fut un bonheur complet, nous avons
ondoyé Matthieu. Aujourd’hui, il a plus d’un an et
demande une surveillance médicale. Plein de vie, de malice, il
fait notre joie et celle de Flora ; il aborde sa maladie avec
courage et apprend à tout le monde à garder espoir.
A. et V. : Aux familles dans l’attente d’une
décision comme la nôtre, nous leur conseillons la
patience ; prenez votre temps, vous l’avez, et gardez
espoir.
Arnaud et Véronique (témoignage tiré de
la revue Ombres et Lumière, n°133)
(1) Interruption médicale de grossesse
dernière mise à jour 21.11.2011






